Quel maire demain pour vous représenter avec fierté?
Quel maire demain pour vous représenter avec fierté?
Laurence Ruffin ?
Alain Carignon ?
Le 15 mars, ne votez pas inutile.
Il n’y a pas de fatalité, il y a désormais une voie possible au centre.
Hervé Gerbi - 2026-02-08 - ICI Isère
Hervé Gerbi est un des premiers à avoir lancé sa campagne. C’était l’été dernier. Et s’il serait exagéré de dire que sa popularité a depuis explosée. Le fait est que le personnage attise au moins la curiosité. Je veux voir ce qu’il propose. J’en ai entendu parlé mais j’aimerais bien connaître davantage pour découvrir un peu ce qu’il propose et qu’est ce qui a priori peut vous séduire chez ce candidat ? Le centre ça m’intéresse. Je pense qu’il englobe un peu toutes les idées, donc c’est bien. C’est important aussi d’être grenoblois et de connaître sa ville. Il a l’air d’être très honnête, simple. Avec la force de conviction et la rhétorique aiguisée de celui qui a l’habitude de plaider. Hervé Gerbi n’a pas raté ce rendez-vous. Coup de griffe à gauche, coup de griffe à droite, sans oublier les annonces : cantine gratuite, électricité moins chère avec un grand programme solaire, blocage du taux de taxe foncière ou encore de l’actuel projet Esplanade avec comme credo compétence et efficacité dans les 120 premiers jours du mandat. Je présenterai un plan d’action immédiat. On va parler vrai, on va décider et on va agir. Un meeting à même de redonner un élan à Hervé Gerbi et à la liste Nous Grenoble, au sein d’un centre ou le ralliement de Pierre-Édouard Cardinal à la droite d’Alain Carignon rebat peut être un peu les cartes.
Source vidéo : 2026-02-08 – ICI Isère 8h – Hervé Gerbi – Municipales 2026
Télé Grenoble - Hervé Gerbi - Meeting du 5 Février 2026
C’est comme dans le sport, on nous prédit une défaite et derrière on arrive à gagner. Donc c’est pareil. J’espère que ça sera la même chose. J’espère pour lui qu’il aura un beau cadeau à la fin. Je vous avoue que la première réaction qu’on peut avoir, c’est que ça donne un gros coup au moral. La vie, c’est pas un long fleuve tranquille. Il y a des choses qui bougent. On va faire confiance au bon sens des gens. Voilà, c’est ce qu’on a décidé et de toute façon, on baisse pas la garde et on y va.
Source vidéo : 2026-02-06 -TéléGrenoble – L’actu du +
La République plutôt que la « Nouvelle France »
La République plutôt que la « Nouvelle France »
Le candidat insoumis veut défendre à Grenoble l’idée d’une « Nouvelle France », soutenant que « l’identité française n’existe pas »!
> Article du Journal du Dimanche : Municipales à Grenoble : le candidat LFI assure que l’«identité française n’existe pas»
Comme si la France était un logiciel obsolète, qu’on « met à jour » à coups de slogans mélanchonistes, en effaçant ce qui précède.
La France n’a jamais été un bloc figé, et c’est précisément pour cela qu’elle n’a pas besoin qu’on lui invente une « nouveauté » artificielle. Elle change depuis toujours. Elle s’est construite par des apports, des conflits, des réconciliations, des progrès arrachés, des droits conquis.
C’est une histoire longue, exigeante, parfois douloureuse. Et ce qui lui donne sa force, ce n’est pas un adjectif (« nouvelle »; « ancienne ») : c’est un cadre commun.
Ce cadre a un nom : la République.
Voilà l’essentiel que les slogans masquent : l’identité française n’est pas une origine, ni une couleur, ni un folklore. Elle est un pacte.
Elle est une manière de vivre ensemble : une langue partagée, une école qui émancipe, une loi commune, la laïcité, l’égalité en droits, la liberté de conscience, la dignité de chacun.
L’identité française est civique : elle dit « nous sommes citoyens », pas « nous sommes de telle souche ».
Et c’est précisément pour cela que nier ce pacte est dangereux.
Quand on affirme que « l’identité française n’existe pas », on croit faire reculer les identitaires. En réalité, on leur déroule le tapis. Car si le commun est déclaré inexistant, il ne reste que les appartenances de repli : la tribu, la communauté fermée, la peur, la vengeance symbolique.
Le vide n’est jamais neutre : il est occupé. Et ceux qui l’occupent le font rarement avec mesure.
Michel Rocard avait cette lucidité : tenir ensemble l’exigence de l’intégration et la fidélité à l’universel. Refuser la France-réflexe qui rejette, mais refuser aussi la France dissoute, incapable de transmettre ce qu’elle est. Car une nation se maintient par des institutions justes, une école solide, une promesse d’égalité réelle, un récit commun qui n’humilie personne et n’excuse rien.
Et si l’on veut parler depuis Grenoble, alors qu’on se souvienne : ici, l’histoire n’a pas attendu les slogans pour parler de « nouveau monde ». En 1788, la ville s’embrase contre l’arbitraire : ce n’est pas une querelle d’étiquettes, c’est une entrée du peuple dans la vie politique.
En 1944, dans la Résistance, ce n’est pas une « France nouvelle » qu’on proclame : c’est la France libre qu’on relève, la France de la République, celle qui rassemble au lieu de trier.
Alors oui : la France est diverse. Elle l’a toujours été, et elle le sera davantage.
Et c’est une force si, et seulement si, cette diversité se retrouve dans un même espace de droits et de devoirs, un même horizon de liberté, une même loi qui protège et oblige. Ce que nous devons refuser, ce n’est pas la France qui change.
C’est la France qu’on fracture : d’un côté « les nouveaux », de l’autre « les anciens », chacun sommé de choisir un camp.
Nous n’avons pas besoin d’une « Nouvelle France » opposée à une « ancienne ».
Nous avons besoin d’une France fidèle à ce qui la rend vivable : la République, la justice, l’école, l’unité civique.
La grandeur d’un pays, ce n’est pas de se rebaptiser.
C’est de tenir sa promesse : que l’on puisse y venir, y vivre, y réussir, et surtout s’y reconnaître, non par l’origine, mais par la citoyenneté.
« Vous voulez institutionnaliser le désordre démocratique. C’est toute la différence entre votre projet Laurence Ruffin et notre projet Nous Grenoble »
« Vous voulez institutionnaliser le désordre démocratique. C’est toute la différence entre votre projet Laurence Ruffin et notre projet Nous Grenoble »
2026-01-12 - France 2 - l'intelligence artificielle, une nouvelle alliée - Hervé Gerbi
Source vidéo : 2026-01-12 – France 2 – l’intelligence artificielle, une nouvelle alliée – Hervé Gerbi
Hervé Gerbi, l'avocat-candidat à Grenoble - ICI Isère
Bonjour ! Ça va ? Ça va et vous ?
Rendez-vous était pris chez l’habitant, quartier St-Bruno, dans un logement social insalubre.
On s’est rencontrés il y a trois semaines, un mois en ville. Et puis vous m’aviez dit que vous étiez dans une situation compliquée avec votre logement.
Ça fait presque trois ans qu’on vit comme ça. Ça fait deux jours qu’il ne va pas à l’école et regardez, il tousse. À cause de ça et on est tous malades.
Une situation difficile pour les locataires. L’occasion d’un message très politique aussi pour Hervé Gerbi, l’avocat candidat.
Donc là on a vos quittances de loyer. On n’a pas les moyens de construire aujourd’hui encore de nouveaux logements sociaux si on n’a pas la capacité de pouvoir rénover ce qui est existant. Comment on va expliquer à Monsieur que nous allons construire à 500 mètres de nouveaux logements pour de nouvelles familles, alors que lui, ça fait trois ans qu’ils vivent dans cette situation ? Ce n’est pas normal, ce n’est pas tenable.
Défendre les victimes, une vocation pour Hervé Gerbi.
Il y a 30 ans, l’étudiant en droit prêtait serment ici même. Prêter serment dans un bâtiment comme ça, c’est un sacré souvenir.
Jusqu’en fac de droit je n’ai pas été un élève très brillant. J’étais plutôt moyen. Je pense que je me cherchais beaucoup.
L’élève a largement dépassé le maître, son écoute des gens et son envie d’aider trouvent une sorte de finalisation au travers de cette demande de mandat de maire.
Connu, reconnu dans les prétoires mais beaucoup moins sur la scène politique.
En janvier 2025, Hervé Gerbi est candidat lors d’une législative partielle. Dans la foulée, il annonce son intention de briguer la mairie de Grenoble et constitue doucement son équipe.
Toi, tu connais pas les croque-monsieur de Milène ? Ces croque-monsieur sont les meilleurs croque-monsieur du monde. Ils sont merveilleux. Regardez déjà la couleur. Ha il les vends bien ! Je ne sais pas si c’est de la politique qu’il faut qu’il fasse. Il faut que j’y aille.
Et oui, une équipe et surtout un binôme avec Milène, sa compagne et première collaboratrice.
Je ne me serais pas lancé dans cette campagne électorale si je n’avais pas le feu vert de Milène. C’est certain.
Il a négocié longtemps. Hervé a toujours eu la politique en lui, toujours. Et c’est moi qui ait beaucoup freiné. On avait beaucoup de besoin, de beaucoup, beaucoup, beaucoup d’énergie pour le cabinet et je pense que là, on est arrivé à une structure, un mode de fonctionnement qui permet à Hervé de faire maintenant ce dont il rêvait depuis longtemps.
Une Milène qui peut toutefois en cacher une autre. Mylène Farmer, son artiste favorite.
Sans contrefaçon, à 54 ans, Hervé Gerbi rêve d’un nouvel horizon.
Source vidéo : 2026-01-11 – ICI Alpes 19/20 – Hervé Gerbi – Municipales 2026
Trente ans après Mitterrand : 2 gauches, une fracture.
Trente ans après Mitterrand : 2 gauches, une fracture.
8 janvier 1996. Le président François Mitterrand, s’éteint et rejoint « les forces de l’esprit » .
François Mitterrand, au delà de sa vie romanesque et secrète, laisse un héritage: l’abolition de la peine de mort, une certaine idée de l’État, de la culture, de l’Europe, et du temps long en politique.
Un héritage traversé aussi par des controverses : son passé vichyste, les écoutes de l’Élysée, le Rainbow Warrior, le Rwanda, un rapport ambigu à la raison d’État.
Mitterrand a incarné une ambition.
Celle de transformer la société, d’élargir les droits, de faire entrer la gauche au pouvoir. Mais il a aussi assumé, dès 1983, le temps de la rigueur, une vérité difficile : gouverner oblige à composer avec le réel, à arbitrer, à choisir.
Le socialisme de gouvernement commence là, au point de tension entre l’idéal et la contrainte.
Ce point de tension continue de structurer toute politique sérieuse.
Et c’est précisément ce point de tension qui manque aujourd’hui au socialisme grenoblois qui a fait choix d’alliance dans la coalition des radicalités portée par Laurence Ruffin.
A Grenoble, elle revendique clairement l’ancrage avec la France insoumise (Cf mon précédent post) qu’elle espère toujours rallier, au moins dans un second tour.
Une ligne assumée de confrontation permanente, de radicalité verbale, et finalement de refus de l’arbitrage.
Sa référence récurrente au municipalisme coopératif illustre cette dérive idéologique.
La France compte environ 5 millions d’entreprises. Les coopératives représentent environ 22 000 entreprises, soit moins de 1 % du total. Quant aux sociétés coopératives d’intérêt collectif souvent brandies par Laurence Ruffin comme modèle, c’est moins de 1000 entreprises à l’échelle nationale.
En faire une matrice idéologique pour gouverner une belle, et complexe, métropole de plus de 150 000 habitants interroge, et, dire que nous relèverons demain les grands défis qui nous attendent avec cet outil relève en fait du sourire angélique .
Croire qu’une ville peut fonctionner comme une SCOP , c’est oublier une différence décisive : le choix des associés.
Une entreprise coopérative repose sur l’adhésion volontaire. Elle choisit ses associés, ajuste son périmètre, accepte ses limites.
Une ville, elle, ne choisit pas.
Elle accueille.
Elle protège.
Elle garantit la continuité des services publics, la sécurité, l’égalité devant la règle commune.
Elle engage l’intérêt général, pas un projet partagé par quelques-uns.
C’est ici que la leçon de Michel Rocard redevient centrale.
Le socialisme rocardien croyait au contrat, à la réforme concrète, à la responsabilité. Le RMI, la CSG : des outils nés d’une pensée sociale exigeante, construite à partir du réel.
A Grenoble, pour les socialistes de la 1ère gauche, le choix est clair.
Soit une gauche municipale arrimée sur fonds idéologique à la France insoumise, soit une centralité de rassemblement, capable d’assumer l’ambition sans mentir sur les contraintes, d’agir sans céder aux radicalités, de parler vrai.
Mitterrand nous rappelle que l’ambition sans responsabilité finit par se fracasser.
Rocard nous enseigne que le réel n’est pas un renoncement, mais une exigence.
C’est cette ligne que je porte aujourd’hui à Grenoble.
Une ligne de clarté, de contrat et d’action.
J’accuse… la grenouille et le bœuf.
Le Renard, le Masque… et Laurence Ruffin!
Le Renard, le Masque… et Laurence Ruffin!
J’ai lu l’entretien accordé par Laurence Ruffin à Sébastien Mittelberger.
J’aime le style : écrit au cordeau, fluide, c’est « portrait », c’est vivant, et mené, comme toujours, comme un récit, avec chaleur, sans mauvais procès.
Parce que l’interviewer l’assume: il aime la politique et les femmes et hommes politiques.
Cet amour est un bien précieux. Conservons-le.
Ce qui m’interpelle néanmoins, c’est le décalage entre le personnage qui s’y installe, consensuel, « joyeux », coopératif, presque au-dessus de la mêlée, et le fond politique que Laurence Ruffin a elle-même posé ailleurs.
Alors, si on peut croire aux contes de Noel, c’est en effet la période, on doit aussi se souvenir des enseignements des fables de La Fontaine.
Voilà ce que le conteur aurait pu nous dire, à sa manière:
« Je chante ici non pas le lion des forêts,
Mais le Masque poli qui brille aux marchés.
Il parle bas, il sourit, il promet la concorde ;
Et chacun croit déjà qu’il tient la bonne corde.
Un Renard l’aperçoit, vieux routier des tours,
Qui sait que les beaux mots sont souvent des détours.
Il suit le Masque en ville, au coin d’une interview,
Là où l’on sert le texte avec l’air le plus doux. »
Pour résumer la célèbre et authentique fable, dans Le Renard et le Masque, le renard tombe sur un visage splendide : traits parfaits, expression impeccable.
Il admire, puis il retourne l’objet. Et il lâche, sec : « Que de beauté ! mais que peu de cervelle… »
La morale n’est pas « c’est laid », et il n’y a bien sûr aucun rapport avec les qualités intellectuelles incontestables de Laurence Ruffin.
La morale, c’est : ne confonds pas la façade et la charpente.
Or, dans l’entretien qu’elle accorde, la façade de Laurence Ruffin est soignée : on entend la candidate « au partage », « à la coopération », à « l’enthousiasme », à la ville « fière », à la politique « chaleureuse » et l’on nous assure que la méthode ne perdra « ni en efficacité ni en exigence ».
Très bien. Sauf que la méthode n’est jamais neutre quand elle sert à masquer un axe.
Le 22 juillet 2025, dans le site Basta! Laurence Ruffin pose une pierre d’angle qui dit tout du fond. Interrogée sur LFI, elle répond sans détour que La France insoumise est un « partenaire privilégié » pour construire l’union à Grenoble.
Et elle explique s’inscrire dans la continuité de l’ « arc humaniste » constitué sous Éric Piolle, coalition incluant explicitement LFI.
Dans le même entretien, elle précise aussi que les portes ne sont pas fermées au PS, car, dit elle: « Réussir à faire vivre l’union à Grenoble, ce serait aussi un signal fort envoyé au niveau national ».
Autrement dit : dès l’origine, le message est clair. Le centre de gravité, c’est la gauche radicale (LFI) ; et, autour, on élargit.
Puis vient la séquence où LFI choisit de faire liste autonome et acte la rupture locale.
Conséquence logique : l’union se fabrique, dans l’immédiat, avec ceux qui acceptent de la construire.
Et, le 14 novembre 2025, le PS se rallie à la liste menée par Laurence Ruffin.
Pour autant, la ligne directrice, elle, ne bouge pas : LFI reste l’axe idéologique « naturel ».
Le 12 décembre 2025, une interview sur actu.fr porte un titre explicite qui rapporte les propos de la candidate : « La porte à LFI est ouverte ».
On peut faire toutes les contorsions du monde : une porte qu’on tient ouverte n’est pas une porte « par principe».
C’est une porte préférentielle.
Enfin, comment ne pas souligner, dans les références revendiquées, des clins d’œil explicites à des partis de la gauche radicale comme le Parti du Travail belge, cité comme « exemple » par Laurence Ruffin dans un texte programmatique.
Tout cela dessine une boussole : une radicalité assumée, recouverte d’un vernis apaisé.
Alors oui, dans l’immédiat, on « fait avec le PS », parce que LFI, localement, joue sa partition. Mais l’accord du moment ne change pas l’ADN : le logiciel reste compatible, et même désirable, avec l’axe radical LFI.
Basta! l’avait déjà dit et Jean de la Fontaine aurait pu l’écrire:
« On fait parfois alliance non par choix, mais par pas.
Quand l’Insoumis refuse, on prend ce qui s’avance ;
Mais l’ombre reste l’ombre, et le sens reste le sens.
On change les figurants, on repeint le décor,
Le texte, lui, demeure : il n’a pas pris la mort. »
Allons plus loin, car le renard, lui, ne s’arrête pas au décor : il regarde la charpente.
Car il y a ce concept qui sonne bien : « municipalisme coopératif ».
On dirait une évidence : coopérer, associer, co-construire. Qui serait contre ? Personne.
Sauf que, dans la pratique, ce municipalisme là devient souvent un piège démocratique : on dilue la responsabilité, on remplace la décision par la procédure, et la transparence par des circuits parallèles.
Trois dangers sont bien connus :
1. La confiscation par les minorités les plus organisées
Dans les dispositifs « coopératifs », ceux qui ont du temps, des codes et des réseaux prennent vite le dessus. Les habitants qui travaillent, élèvent leurs enfants, jonglent avec la vie réelle, n’ont pas toujours l’énergie pour siéger en permanence dans des assemblées, des comités, des « ateliers ».
Résultat : on parle « au nom du peuple » avec une poignée d’habitués.
2. La lenteur comme système
Quand tout est « co-construit », plus rien n’est tranché. La ville devient un enchaînemen de concertations sans fin.
Et pendant qu’on débat, le quotidien se dégrade. Une municipalité n’est pas un séminaire permanent : c’est une chaîne de décision qui doit répondre vite et bien.
3. L’alibi démocratique
On fait voter des « avis », on organise des « concertations », on affiche des « consensus »…puis on fait ce qui était prévu. La coopération devient décor, le décor devient méthode, la méthode devient masque.
Au fond, le « municipalisme coopératif » tel qu’il est souvent pratiqué, c’est la politique sans accountable : personne n’est jamais responsable, parce que « c’est le processus », « c’est la collectivité », « c’est l’assemblée ».
Or les Grenobloises et les grenoblois, eux, veulent pouvoir dire clairement : « qui décide ? qui répond ? qui assume ? ».
Ce qui se joue dans l’interview de Laurence Ruffin n’est pas une question d’affichage, ni de « porte ouverte » ou « fermée » selon les jours.
Ce qui se joue, c’est la cohérence d’un projet : un projet compatible, par choix, avec la gauche radicale, même quand les circonstances obligent à des alliances de repli.
Et, comme chez La Fontaine, il faut parfois un renard pour rappeler l’essentiel : un masque peut être beau, mais une ville ne se gouverne pas avec un masque.
« Moralité
Ne te fie pas trop aux sourires bien peints :
Le masque a bonne mine, mais le fond tient les rênes.
Quand l’Insoumis s’éloigne, on prend d’autres voisins;
Mais l’axe qu’on revendique révèle les domaines.
Et quand on dit « coop » pour dissoudre le devoir,
C’est souvent qu’on préfère le flou… à la clarté du pouvoir ».










