COMMUNIQUÉ
Près de la moitié des Grenoblois se retrouvent face à un choix qui ne correspond pas à leurs attentes.
Le résultat du premier tour m’impose modestie et fidélité. La ligne que j’ai portée n’a pas été retenue. Elle oblige néanmoins.
C’est dans cet esprit que je m’exprime aujourd’hui, avec la même exigence envers les deux options, car je n’ai jamais été le candidat d’un camp, mais celui de toutes les Grenobloises et de tous les Grenoblois.
Ce second tour oppose deux coalitions de rejet : l’une contre La France insoumise, l’autre contre Alain Carignon.
Sollicité par Laurence Ruffin comme par Alain Carignon, j’ai échangé avec eux après le dépôt de leurs listes sur la situation politique locale.
D’un côté, Laurence Ruffin a choisi une alliance avec La France insoumise.
Je combats depuis longtemps la radicalité que ce mouvement a installée dans le débat public, ses logiques de fragmentation et des ambiguïtés persistantes, structurelles, sur des sujets comme l’antisémitisme.
J’ai toujours appelé à faire barrage à cette formation politique.
Sur le fond, je ne crois pas au municipalisme coopératif qu’elle défend. Il conduit à une ville plus idéologique que gouvernée, avec des risques pour les finances locales, la sécurité et la capacité à décider.
Dans cette campagne, j’ai observé des méthodes et des positionnements entretenant une tension permanente dans le débat public, au détriment de la clarté et de la responsabilité.
Ils s’accompagnent de prises de position et de relais qui interrogent sur la capacité à rassembler largement et à dépasser les clivages.
De l’autre, Alain Carignon place la sécurité au cœur de son projet. J’en partage l’importance.
Mais une ville ne se gouverne pas à partir d’un seul prisme. Elle suppose un équilibre exigeant entre sécurité, lien social, qualité des services publics, transition économique et écologique.
Or, son projet demeure insuffisamment structuré sur ces dimensions essentielles.
Je ne retrouve pas, dans sa démarche, de vision d’ensemble permettant de répondre aux fragilités sociales, de renforcer les services publics de proximité ou d’accompagner les transformations économiques et écologiques nécessaires.
Sur le fond, j’y vois davantage une candidature de retour, qui alimente la défiance envers la parole politique, qu’une véritable perspective de transformation.
J’ai observé, de près, autour de cette candidature, des proximités et des soutiens qui interrogent: je ne fermerai pas les yeux sur des expressions ou des positionnements aux ambiguïtés préoccupantes, y compris sur des sujets aussi graves que l’antisémitisme.
Enfin, là aussi, des pratiques et des outrances ont contribué à dégrader le débat public.
Dans ce contexte, chacun doit choisir en conscience, au regard des renoncements qu’il juge acceptables, et participer au vote avec le sens des responsabilités qui s’attache à tout engagement citoyen.
Le moment est important.
J’invite chacune et chacun à mesurer pleinement la portée de son choix pour l’avenir de notre ville, sans qu’il soit nécessaire que je donne une consigne de vote.
Car il faut le dire avec gravité : lorsque le choix se réduit au moins pire, c’est que l’essentiel s’est fragilisé.
Et, dans cette séquence, Grenoble semble voir vaciller une part de son âme.
Herve Gerbi
19/03/26

